Apprendre le pumpfoil, ce n'est pas simple. Et c'est encore plus vrai quand on a passé la quarantaine. J'ai commencé le pumpfoil à 53 ans. Ça n'a pas été facile, mais j'ai étudié la question de près pour apprendre le pumping le plus vite possible. Voici mon tutoriel pumpfoil complet pour débuter : la méthode du drop start, plus simple que le dockstart classique, avec les exercices, les réglages et les erreurs à éviter.

En vol après un drop start : genoux fléchis, poids sur l'avant, regard devant et bras écartés pour l'équilibre.
Drop start ou dockstart : quelle technique pour débuter le pumpfoil ?
Il existe beaucoup de techniques pour apprendre le pumpfoil. L'une des plus simples pour débuter, c'est le drop start.
Le dockstart (ou dock start) demande de courir sur un ponton. Cette course rend le placement des pieds imprécis, et monter sur la planche devient difficile. Surtout à notre âge, où synchroniser ses appuis n'a rien d'évident.
Le drop start ne demande aucune course. On part simplement d'une petite hauteur au-dessus de l'eau : une caisse posée sur un ponton plat, par exemple, à environ 50 cm au-dessus de l'eau. Le principe : on fait un saut avec un quart de tour, et on utilise l'énergie de la hauteur pour faire un glide, une glisse. Ensuite, on peut commencer à pomper.

À droite, la caisse à 50 cm au-dessus de l'eau pour débuter. À gauche, les palettes à 70-80 cm pour plus tard.
Pourquoi le départ pieds parallèles ?
J'ai choisi volontairement le départ pieds parallèles, et non le départ pied arrière. Le départ pied arrière donne beaucoup plus d'énergie au foil, ce qui est très utile avec de petites ailes.
Mais avec une aile conçue pour le drop start, on n'a pas besoin de cette énergie. Au contraire, c'est un handicap : la rotation de 180° rend le placement des pieds approximatif et multiplie les sauts ratés. Une rotation de 90° simplifie tout.
Comprendre le pumping : un peu de théorie avant d'aller sur l'eau
Cette partie sert à comprendre schématiquement le principe du pumping. C'est très important, et ça vous fera gagner beaucoup de temps.
- La jambe arrière donne la puissance.
- La jambe avant contrôle le pitch, c'est-à-dire la montée et la descente.
Pour un débutant, dans un premier temps, comptez environ 80 % de l'effort sur la jambe arrière et 20 % sur la jambe avant. Un pratiquant expérimenté arrivera plutôt à environ 55 % sur l'arrière et 45 % sur l'avant.
Quand on pousse sur la jambe arrière, ça crée une réaction qui fait monter le foil. Avec la jambe avant, on contrôle cette montée pour rester le plus à plat possible. Si on monte trop à la verticale, le foil freine, puis il s'arrête.
Une fois en haut de la courbe, il faut contrôler la descente. Si on appuie trop fort, on descend trop à la verticale et on perd tout ce qu'on vient de gagner. Il y a donc toujours un léger décalage entre l'action de l'avant et celle de l'arrière.

La trajectoire du foil : une courbe douce qui monte et descend. On contrôle la montée, puis la descente, sans jamais partir à la verticale.
Étape 1 du tuto : s'entraîner d'abord sur la terre ferme
Avant d'enchaîner les sauts dans l'eau, où l'on perd énormément de temps, on s'entraîne au sol.

Un ponton plat fait un très bon terrain d'entraînement : les lignes des dalles servent de repères.

Pour visualiser la distance : voici ce que représentent 1,60 m entre le bord et le pied avant. C'est le repère où placer le pied avant pendant l'entraînement.

Une ligne de dalles sert de bord du ponton, la ligne perpendiculaire d'axe de la planche. Les pieds sont parallèles, de part et d'autre de l'axe.
- Imaginez le bord d'un ponton. Placez-vous les pieds parallèles, écartés d'environ 30 cm.
- Placez un repère à environ 1,60 m devant vous : c'est là que doit arriver votre pied avant.
- Sautez à la fois en longueur (environ 1,60 m) et en hauteur (environ 50 cm). Il faut les deux, sinon vous n'arriverez pas au bon endroit.
- Pendant le saut, faites une rotation de 90°.
- Posez les deux pieds en même temps, le corps vers l'avant, le regard dans la direction où vous allez, et pas sur vos pieds.

Étape 2 : on mesure 1,60 m depuis le bord et on place un repère (point rouge) là où doit arriver le pied avant.

Une simple jointure de dalles fait un très bon repère visuel pour le saut.

Étapes 3 et 4 : on saute en hauteur et en longueur, et on commence le quart de tour en visant le repère.

Le même saut vu de face : les deux pieds quittent le sol ensemble, les bras accompagnent la rotation.

Très important : le regard vers l'avant, pour que le corps reste stable.
Répétez ce geste autant de fois qu'il le faut pour être à l'aise.
Visez la croix sur la planche
Sur les planches de pumpfoil Alpinefoil, notamment la Pocket Pro carbone 88 et la Pocket Pro carbone 78, il y a de petites croix. Elles vous servent de mire : regardez-les juste avant et pendant le saut, et votre pied avant se posera exactement dessus.

Les petites croix sur la planche : votre repère visuel pour le saut.
Le stance et la position du corps
- Le poids va au-dessus de la jambe avant, épaules vers l'avant. Si le corps est droit ou en arrière, le foil bondit et vous tombez en arrière.
- Le stance doit être serré : un écartement un peu inférieur à la largeur des épaules. Avec les jambes trop écartées, on part vers l'arrière et le foil bondit.
- À la réception : jambes légèrement fléchies, pieds bien fermes sur leurs appuis, posés sur l'axe de la planche, dans le sens de la longueur.

Un petit stance : les pieds écartés d'un peu moins qu'une largeur d'épaules, sur l'axe de la planche.

Le poids va sur la jambe avant. Attention : si vous regardez vos pieds, vos épaules basculent et vous tombez à l'intérieur.
Étape 2 : passer au ponton pour le drop start
Une fois à l'aise au sol, allez sur le ponton, à environ 50 cm de hauteur.

Sur la caisse : pieds parallèles, les orteils dépassent légèrement le bord.
Tenir la planche
- Tenez la planche au niveau des chevilles, jamais plus haut. Si vous la tenez plus haut, vous ne monterez pas assez pour avancer, vous arriverez sur l'arrière de la planche et ça ne marchera pas.
- Au début, l'aile et le stabilisateur doivent être dans l'eau, pas en dehors.
- Gardez le bassin relevé. Si vous êtes trop accroupi, le temps de vous relever, vous n'aurez pas le temps de vous placer, le corps restera en arrière et vous allez rebondir.
- Tenez fermement la planche par l'arrière.

La préparation : on se penche et on attrape la planche par l'arrière, le foil dans l'eau.

Les trois points clés : bassin relevé, planche au niveau des chevilles, regard sur la croix.

La bonne position de départ : pieds parallèles au bord, planche tenue par l'arrière au niveau des chevilles, aile et stabilisateur dans l'eau, bassin haut et regard sur la croix.

À corriger : ici la planche est trop à plat. Elle doit être inclinée d'environ 5° vers l'eau. Les genoux sont aussi très fléchis : c'est la limite, s'accroupir davantage ferait arriver le corps en arrière sur la planche.
Le réglage du foil pour débuter
Reculez le foil au maximum dans les rails. Il vaut mieux arriver sur l'avant de la planche que sur l'arrière.
Les ailes Alpinefoil DK 1240 et DK 1360 ont été conçues pour le drop start, le départ le plus facile pour apprendre le pumpfoil. Elles vous portent dès 3 km/h et vous pouvez commencer à glisser tout de suite.
Le lancer de la planche
La trajectoire que vous donnez à la planche fait toute la stabilité du foil.
- Tenez la planche fermement dans une direction précise, inclinée d'environ 5° vers l'eau.
- Lancez-la à environ 5 à 6 km/h.
- Au moment où vous la lâchez, sautez vers le haut et posez-vous dessus.

Le saut : la planche est lâchée et file devant, le rider monte en hauteur et en longueur, buste en avant, et commence son quart de tour en visant la croix.
Au début, le seul but est de sauter, faire le quart de tour et glisser le plus loin possible.

La réception : deux pieds posés en même temps dans l'axe, stance serré, jambes fléchies, poids sur l'avant. Dès que les pieds sont posés, relevez le regard vers l'horizon.
Astuce : si vous n'arrivez pas encore à faire une rotation complète de 90°, lancez la planche avec un léger angle, vers la gauche si vous êtes regular, vers la droite si vous êtes goofy. Même avec une rotation incomplète, vos pieds arriveront dans l'axe.

À corriger : ici le rider est trop droit sur la planche. Les épaules ne sont pas sur l'avant, il bascule sur l'arrière et le foil va bondir. Pendant le glide, gardez les épaules en avant et le poids sur la jambe avant pour glisser le plus loin possible.
Analyser ses chutes pour progresser en pumpfoil
À chaque chute, regardez de quel côté vous êtes tombé : c'est le meilleur moyen de progresser.
- Vers l'arrière : le corps est trop droit ou trop en arrière, le poids n'est pas sur l'avant.
- Vers l'avant (assez rare) : les pieds ne sont pas assez serrés, ou vous êtes trop sur l'avant de la planche.
- Côté frontside : le plus souvent, vous regardez vos pieds, ce qui fait basculer les épaules.
- Côté backside : souvent, le pied avant est sur la carre extérieure parce que la rotation n'était pas complète. Deux solutions : travailler une rotation vraiment complète, ou lancer la planche un peu vers le côté du pied avant (vers la gauche pour un regular). Même avec une rotation incomplète, vous arriverez au bon endroit.
Étape 3 : les premiers coups de pumping
Quand vos glides sont bons, passez à l'étape suivante pour apprendre le pumping :
- Faites votre glide.
- Attendez environ une seconde.
- Appuyez une fois sur la jambe arrière. Vous sentez tout de suite le foil remonter, et vous volez quelques mètres de plus.
- Contrôlez la montée avec la jambe avant, puis donnez un deuxième coup.
Attention : les débutants appuient souvent beaucoup trop fort, et ça les fait bondir. Dosez votre effort et gardez toujours le décalage entre l'avant et l'arrière. Allez-y petit à petit.
Mon expérience : débuter le pumpfoil à 53 ans

Grâce à cette méthode, dès mon premier jour à 53 ans, j'ai réussi à voler une vingtaine de mètres, avec la DK 1240 conçue pour le drop start.
Aujourd'hui j'ai 55 ans. Le sport a évolué, notamment avec l'arrivée de l'aile Pierra Manta, et mon record est de 5 km en 21 min 30, un an et demi après mes débuts. Bien plus que tout ce que j'aurais pu imaginer.
Les vidéos d'Yvon me faisaient rêver : je le voyais aller de ponton en ponton. Cette année, j'ai fait le tour du petit lac d'Annecy, au sud. J'ai relié la plage de Monteynard au barrage. Sur le lac du Bourget, j'ai fait des allers-retours entre Le Bourget-du-Lac et la grotte de la Martine, du côté de Bourdeau, et des balades d'une heure et demie. Fantastique et inimaginable.
Pourquoi le pumpfoil est un sport magique
Le pumpfoil est l'un des sports les plus magiques que j'aie découverts. Jamais je n'aurais imaginé me passionner à ce point.
- Le corps : il fait travailler tout le corps et le cardio. Il m'a permis de perdre du poids, et je me sens bien mieux depuis.
- Les sensations : naviguer sur des eaux glacées et transparentes donne des sensations impressionnantes et très intenses, proches du surf dans la poudreuse.
- Le plaisir dès le début : vu de loin, on se demande l'intérêt de ce sport. Mais une fois qu'on y a goûté, même sur 2 mètres, le plaisir est là. À 5 mètres, on a déjà des sensations ; à 10, d'autres encore.
Même avec pas mal de chutes, l'apprentissage reste un plaisir. Ça me rappelle mes débuts en parapente, à la pente école, où même de petits sauts de puce me régalaient.
Et ensuite ?
Quand vous êtes à l'aise, montez plus haut : 70, voire 80 cm. Plus vous partez de haut, plus c'est facile.
Mais ne partez pas trop haut dès le début : vous allez beaucoup tomber, le foil va bondir, et vous risquez de vous blesser et d'abîmer votre matériel.
FAQ : débuter le pumpfoil
Combien de temps faut-il pour apprendre le pumpfoil ?
Avec la méthode du drop start et une aile adaptée, on peut voler dès la première séance : à 53 ans, j'ai fait une vingtaine de mètres dès mon premier jour.
Drop start ou dockstart pour débuter ?
Pour débuter, le drop start est plus simple : pas de course, un saut avec un quart de tour et des pieds mieux placés. Le dockstart avec course viendra plus tard.
Quel matériel pour débuter le pumpfoil ?
Une aile très porteuse conçue pour le drop start, comme la DK 1240 ou la DK 1360, et une planche avec un repère de visée. Retrouvez nos packs pumpfoil dockstart et toute la gamme pumpfoil, pumping et dockstart.
Remerciements
Un remerciement spécial à Yvon Labarthe, qui m'a permis de m'initier. Cette méthode vient de ma propre expérience et de ses vidéos.
Yvon a inventé beaucoup de techniques. J'ai isolé celle-ci parce qu'elle me semble la plus simple pour des personnes normalement douées : pas d'expérience en skate, pas de passé de champion, pas forcément une mobilité ou une adresse hors du commun. Merci Yvon !
Bonnes sessions !